dimanche 7 septembre 2008

Vendredi 5 > Dimanche 7 – « Das alles ist Deutschland, das alles ist wir »

Bizarrement j'ai appris que j'étais un immigré en situation irrégulière… Vérité implacable qui m'est apparue alors que, payant leurs stages de Sprachkurse, la majorité des étudiants Erasmus arboraient fièrement leur Anmeldung. Ce document d'allure banale sert à justifier à tous ceux qui le savent déjà que vous habitez bel et bien à Berlin. Sachant que depuis votre arrivée, votre fac est au courant, le Studentwerk est au courant, votre nouvelle banque est au courant, tout comme votre nouvel opérateur mobile, les douanes, les services aéroportuaires, BerlinVerkherGemeinde, l'agence Socrates, etc… Mais vous pourriez mentir. Obtenir ce sésame tant convoité requiert une attente de 2 heures au Bürgeramt, surement pour que les expatriés français ne soient pas surpris de découvrir des services publics efficaces (sont fort ces Allemands). Et donc ça y est, les cours commencent demain. Parmi les 200 étudiants du stage, au moins 40 Français.

Le rythme de vie berlinois est assez surprenant. Le samedi tous les Supermarkt sont fermés dès 17h. Et garer sa voiture, même sur Alexanderplatz ou Unter Den Linden ne pose pas de problème. Les gens ont le temps et sont polis. Et pas que les gens. Aux U-Bahnhof les TV interrompent leurs programmes pour vous dire qu'un train arrive (sinon vous auriez pas pu le deviner…). Le U-Bahn vous signifie à chaque arrêt de quel côté descendre, des fois qu'il vous soit apparu nécessaire de détruire une porte close et de vous glisser le long du mur pour devoir sortir de la rame. Le consommateur semble être avant tout un ami, puisque toutes les indications dans les magasins sont à la deuxième personne du singulier. 

Et les gens mangent. Partout, de tout, n'importe quand. Croiser un cadre sup' tenant une saucisse à la main est habituel. Du coup, le métro sent la bouffe. L'atmosphère des stations est un joyeux mélange d'odeurs de curry, de kebabs et de McDo, même à 7h… Berlin a poussé le concept d'homme-sandwich à son paroxisme : dans toutes les rues passantes des vendeurs portent un plateau chauffant recouvert de saucisses au curry.

Dans une capitale européenne, il est assez rare de voir des écureuils traverser les rues. Comme il est rarissime (et douteux) d'y croiser des rats… Et par moment, entre les immeubles à l'abandon et les odeurs d'égouts – et sans les expositions d'art conceptuel ou les équipes de tournage – on se croirait un peu dans un pays en développement. 

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