dimanche 14 septembre 2008

Deuxième semaine – Berlin als Fremdleben

Lundi, 15h : 27°. Dimanche, 15h : 11°… À ce rythme là j'aurai mieux fait de partir en Islande…


Ma vie berlinoise se met en place. Les cours de Deutsche Als Fremdsprache – Allemand langue étrangère – ont commencé. Prenez 15 étudiants de 20 à 26 ans originaires de toute l'Union , du Canada et du Japon, faites les parler allemand et vous passerez la moitié du temps à décrypter les différents accents… Le reste du temps, vous ramez à expliquer des concepts qui n'existe que chez vous. Allez tenter de faire comprendre à une étudiante danoise le fonctionnement des classes prépas (le tout en Allemand, même pas le droit à l'Anglais. À la limite, mimez). Groupe sympatoche, d'horizons divers (avec quand même 4 francophones…). Et au fonctionnement tout autant différent, quand on sait qu'au Danemark, on ne vouvoie que la Reine alors qu'au Japon, on vouvoie différemment si l'interlocuteur est plus ou moins âgé que vous. 

Les cours se passent Dorotheenstraße, dans un immeuble tout neuf (Sprachen-Zentrum) en face de l'ambassade roumaine, à 250 mètres du Reichtagsgebaüde, soit en plein quartier gouvernemental. Comme toujours à Berlin, le lieu ne correspond pas à la fonction. En l'occurrence, Dorotheenstraße accueille – entre autre – les bureaux du Bundestag, le centre de presse de la Chancellerie Fédérale et le siège berlinois de Veolia : du lourd. Pourtant la route (en ciment) est complètement défoncée. Les immeubles sortent tout droit de l'imagination débordante des architectes géniaux issus des écoles de la RDA (”Tiens, l'accès handicapé a des marches…“) et les chauffeurs de taxis (à l'affut des clients du 4 étoiles qui touche le SZ) bloquent assez souvent la circulation en s'aventurant dans des manœuvres assez sombres.

Cependant l'ambiance est pas mal, un mélange de cadres sup' (mangeant leur Curry-Würtz dès 11 heures), de hauts fonctionnaires (munis des mêmes saucisses au curry aux mêmes heures) et d'étudiants étrangers (surpris de voir des cadres supérieurs et des hauts fonctionnaires une saucisse dégoulinant de graisse – même au curry – à la main).

Autre chose. En réfléchissant dans le U-Bahn – entre deux contrôles de Fahrscheine (toujours par les mêmes contrôleurs en civil, payés 450€ mensuels : emploi d'intégration), on a tout le temps de réfléchir dans le U-Bahn… Bref, je me suis rappelé que Berlin avait eu à une époque deux centre-villes. J'ai remarqué que la plupart du temps, pour un étudiant ou un touriste, Berlin se compose surtout de l'ancien Berlin-Est. Donc excursion week-endale à la découverte de Kurfürstendamm. Après plusieurs errances dans le Netz (le réseau de transports), heureusement, j'étais pas tout seul, nous débarquons un peu par hasard Wittenbergplatz. Et là, surprise, des gens. Des vrais gens comme dans toutes les grandes villes d'Europe. En face de la U-Bahnof se détache la silhouette unique de la Kaiser-Wilhem-Gedenktnisskirche (qui ne s'écrit surement pas comme ça. En vrai ça veut dire Église du Souvenir). À moitié rasée pendant la Guerre, l'Église a conservé en l'état son clocher d'origine. Autour on a construit une nouvelle église moderne, dont le nouveau clocher fait office de miroir à l'ancien. C'est réellement impressionnant. 

Néanmoins, l'attraction la plus intéressante du Kudamm est sans conteste sur la droite : le Kaufhaus Des Westen, ou KaDeWe, le plus grand grand magasin d'Europe. Huit niveaux immenses où se croise l'ensemble des grandes marques mondiales (remarque, sans les françaises et les italiennes, il ferait plus que trois étages). Le dernier étage abrite l'un des rayons « gourmet » les plus fournis au monde. Où ils vendent la baguette 2,50€. Lol.

Le Kudamm accueille les magasins des plus grands couturiers, joaillers, chaines diverses… comme partout ailleurs, mais aussi les concept shops des designers locaux, qui sont autrement plus intéressant. Les rues adjacentes, où se croisent Lamborghini, Ferrari et Bentley (la bagnole est la grande passion de l'Allemagne) sont super agréables, les immeubles semblent plus anciens qu'ailleurs dans la ville. Et ici aussi, on trouve facilement des places de parking. Même sur le Kudamm. C'est sidérant. Par contre – on reste à Berlin – hormis dans des zones bien précises, les rues sont pas super fréquentées, juste une manifestation contre la Scientologie. Les Allemands doivent être terrorisés par les manifestations. Une trentaine de manifestants. Au moins autant de flics (dans leurs uniformes verts assez laids).

Escale au Reichstag. Enfin plutôt tentative, puisque portes ouvertes oblige, la moitié de la ville y est aussi. Les alentours sont sortis de terre dans les cinq dernières années et abritent, entre autre la Bundeskanzleramt, sorte de Matignon allemand relooké par un designer d'espace. Et au milieu, outre le fait que la Spree y coule, on trouve les habituelles zones à l'abandon.


C'est écrit dans le U-Bahn : ”Sei arm, sei sexy, sei Berlin“ : « soit pauvre, soit sexy, soit Berlin ».

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